Pourquoi pardonner
Johann Christoph Arnold
La plupart de nous n’aurons jamais à confronter un meurtrier,
ou un viol. Mais nous sommes tous confrontés, journellement,
avec le besoin de pardonner à notre partenaire, notre enfant,
notre ami, ou collègue – peut-être une douzaine de fois par
jour. Et, ce devoir n’est pas moins important. Dans son poème,
“Un Arbre Empoisonné,” (A Poison Tree), William Blake décrit
comment le plus léger ressentiment puisse fleurir et porter
des fruits empoisonnés.
Les petites rancunes de la vie sont les graines de cet arbre
de Blake. Si elles tombent en terrain fertile, elles vont grandir,
et si on les soigne, elles continuent à vivre. Elles semblent
petites, insignifiantes, on les remarque à peine, mais il faut
quand même les surmonter. Blake nous montre combien ce peut
être facile: il nous faut confronter notre rage immédiatement
et la déraciner, avant qu’elle grandisse.
Il est moins difficile de pardonner à un étranger, que ce n’est
de pardonner à une personne que nous connaissons bien, et en
qui nous avons confiance. Voilà pourquoi il est si difficile
de surmonter la trahison d’amis chers ou de collègues. Ils connaissent
nos pensées, nos faiblesses, nos bizarreries – et s’ils nous
font un mauvais service, la tête nous tourne.