Le chemin du calvaire
Roy Hession
Plusieurs seront sans doute surpris en lisant cette brochure,
leur conception du réveil étant bien différente
! On est souvent enclin à considérer le réveil
comme une chose spectaculaire, caractérisée
par un mouvement de masse impressionnant : des foules d’inconvertis
convaincus de péché, et cela au milieu d’une
plus ou moins grande excitation. Dans ce cas, on ne peut
jamais prévoir quand et où se passeront de
tels réveils, malgré le désir ardent
de les voir se réaliser. C’est là une
chose pour laquelle on ne peut que prier et attendre l’heure
de Dieu. En attendant, les croyants acceptent la défaite,
laissant l’Eglise continuer à rendre un témoignage
médiocre, parce que privée de la vie d’En-Haut.
Mais Dieu soit béni ! Plusieurs enfants de Dieu
ont fait avec nous l’expérience que le réveil
est souvent chose toute différente. Non ! le réveil
n’est pas spectaculaire, en tout cas pas pour qui
est convaincu de péché devant la croix. Et,
quand de grandes manifestations se produisent, reconnaissons
qu’elles ne constituent que l’à-côté du
réveil, la partie la moins importante. Nos amis
missionnaires qui sont venus nous parler en témoins
d’un réveil — vu et vécu — ont,
intentionnellement, omis de nous en décrire ce côté spectaculaire,
craignant par-dessus tout d’obscurcir, par de telles
descriptions, le message qu’ils avaient sur le cœur
de nous apporter.
Notons, en second lieu, que le réveil ne concerne
pas d’abord les inconvertis, mais le peuple de Dieu lui-même. Réveil
signifie simplement retour à la vie nouvelle, ce qui sous-entend qu’il
y a déjà eu vie. Les inconvertis n’ont pas besoin d’être « réveillés »,
car il n’y a pas de vie en eux qui puisse être renouvelée,
réveillée. Ils ont tout simplement besoin de la Vie. Ce sont
donc les chrétiens qui doivent être « réveillés »,
car il y a eu chez eux un recul, une diminution de vie spirituelle ; ils se
sont endormis. Aussi, les « candidats au Réveil » sont ceux
qui veulent bien confesser ce recul, cette diminution de vie. Dieu pourra réveiller
dans la mesure où les péchés seront confessés d’une
manière claire et précise. Lorsque de telles choses se passeront
parmi les chrétiens, Dieu pourra alors travailler parmi les perdus avec
une force nouvelle, et son œuvre de grâce sera visible pour tous.
Une des devises d’Evan Roberts, lors du réveil du Pays de Galles, était
: Courbe l’Eglise et sauve le peuple. Les deux dépendent l’un
de l’autre. Le monde a perdu sa foi, parce que l’Eglise a perdu
son feu.
Encore un mot pour le lecteur ! S’il veut être
béni, qu’il lise ces pages, le cœur rempli d’une grande
soif ; qu’il soit insatisfait de l’Eglise en général,
et de lui-même..., mais surtout de lui-même. Il faut qu’il
accepte que Dieu commence l’œuvre dans son propre cœur et
non dans celui de son prochain, et ensuite qu’il place toute sa confiance
en Dieu pour qu’il agisse. S’il est serviteur de Dieu, la nécessité du
réveil est des plus urgentes pour lui, et nous souhaitons qu’il
en soit profondément convaincu. C’est dans la mesure où il
reconnaîtra sa propre misère et acceptera d’être béni,
que le Seigneur répandra la bénédiction sur son troupeau.
Oh ! qu’il comprenne avant tout qu’il doit être le premier à s’humilier
devant la croix. S’il n’y a pas de conviction de péché parmi
ses auditeurs, qu’il se laisse d’abord convaincre et briser lui-même.
Le peuple de Ninive s’est repenti au moment où son roi, quittant
son trône, s’est humilié sous le sac et la cendre.
Cependant, que le lecteur qui ne travaille pas directement
au service de Dieu ne soit pas tenté d’attendre que l’œuvre
de brisement commence chez son pasteur ou l’ancien de son assemblée.
Non ! Dieu veut commencer son œuvre en vous. Il veut la commencer par
vous et avec vous.