Le feu purificateur de l'amour
Andreas Enrenpreis
Il y en a plusieurs qui ont abandonné telle ou telle forme d'injustice
mais qui restent très attaché au monde à d'autres égards. Sur les dix
vierges (Matthieu 25.1-33) qui sont allées rencontrer l'époux, cinq
d'entre elles ont dû rester à l'extérieur : les flammes de leur lampes
festives ne brûlaient plus. Leur fidélité s'était éteinte ; elle n'était
pas suffisamment grande. Parmi les différents serviteurs à qui le propriétaire
a confié son exploitation, l'un a dû être renvoyé pour la même raison
– manque de fidélité. Dans le grande troupeau d'animaux qui sont considérés
comme purs, les chèvres devront à la fin être séparés des moutons.
La même séparation se produit ici sur le chemin de l'abandon. Les portes
sont grandes ouvertes (Esaïe 26.2), et les gens veulent entrer, mais
seule la fidélité et la vérité comptent (Matthieu 7.21). Ce ne sont
pas les mots pieux mais les oeuvres volontaires nés dans la foi qui
appartiennent au Nouveau Royaume. Certaines personnes aiment parler
de toutes sortent de merveilleuses formes d'adoration, mais il restent
néanmoins sur un terrain glissant et très incertain. Ils ne veulent
pas prendre le chemin de la Gelassenheit
***. Personne n'ose la prendre. C'est
une voie trop exigeante. Elle demande une fidélité inconditionnelle
et l'abandon de tout ! La richesse et le confort sont un terrain glissant
et meurtrier sur lequel tout est condamné à s'effondrer.
Le jour du test viendra. Alors tout fondra et brisera comme la glace.
Alors il sera évident comme chacun a bâti sa vie. Ils n'ont fait aucune
bonne oeuvre envers Jésus, car ils n'ont pas respecté Sa Parole et ne
L'ont pas réellement aimé. Ils ne pouvaient donc pas aimer ceux qui
Lui appartenaient. Devant cette réalisation, cela ne servira à rien
de poser des questions ou de proposer des excuses. Ils seront rejetés.
Ils ont échoué au test suprême du feu purifiant (Ecclésiaste 2.5). Ce
même feu aurait pu prouver dans son temps s'il y avait de l'or véritable
en eux, ou si ce qui semblait être de la foi était en réalité une illusion.
Le nom de ce feu purifiant qui donne la réponse décisive à cette question
est Gelassenheit. Dans ce fourneau, toute scorie et tout métal commun
sont éliminés. Dans ce feu ils sont enlevés, rejetés et éliminés. Ce
qui est libéré c'est l'or pur : la foi, et tout ce qui émane de la foi.
Toutes les autres choses que l'homme possédait sont éliminées. Dieu
et Mammon ne peuvent rester fusionnés. C'est le test que le jeune homme
riche, Ananias et Sapphira, et des milliers d'autres personnes ont dû
subir. Ce test ardent a dévoilé ce qui était le plus important pour
eux : les pieuse volonté-propre et les leurs possessions – ou Christ
dans son prochain ! Cette fournaise brûle tout ce qui bloque et entrave.
Elle a le même effet que le trou de l'aiguille ou la porte étroite.
Aucune des choses que nous traînons derrière nous ne peut passer. Le
feu est nécessaire pour éprouver l'or.
Chacun doit passer ce test ! Depuis le début il en est ainsi. Lorsque
la terre a été créée, Dieu a vu que tout était bon de sa manière. Ce
n'est que par rapport à l'homme que Dieu ne s'est pas prononcé (Genèse
2.16, 17). Au lieu de cela, Il lui a préparé un test pour voir s'il
allait choisir le bon ou le mauvais (Genèse 3.1-6). Dans ce test, l'homme
a montré ce qu'il était ; il a fait le mauvais choix. Abraham a aussi
dû passer ce test sous une forme très rude. La même chose s'est passée
avec les Israélites, qui ont été appelés hors desrichesses d'Égypte
pour être amenés dans le désert. Leur test c'était la pauvreté, et la
prohibition de certaines viandes en faisait partie. Dans le cas de Job,
la nature du test était encore plus claire (Job 1.9-12).
A chaque fois qu'une chose devient l'objet du plus grand amour d'un
homme, Dieu intervient. A travers Jésus, Dieu attaque notre volonté-propre
et notre cupidité d'une manière encore plus forte. Celui qui réussit
cette épreuve et qui choisit la voie de Jésus se voit confier les plus
grandes responsabilités. Celles-ci ne lui sont confiées que lorsqu'il
a abandonné sa maison, sa famille, et ses biens pour Christ (Matthieu
10.37). Mais celui qui aime n'importe quelle de ces choses plus que
Jésus n'appartient pas à Jésus. C'est pourquoi l'amour est décisif,
l'amour qui naît de la foi; c'est le feu purificateur de la véritable
Gelassenheit. Ce qui demeure comme l'or purifié c'est l'amour de Dieu
; c'est la seule chose qui a sa place dans Son Royaume.
Dieu veut que l'on aime les pauvres. La communauté chrétienne est la
meilleure façon de mettre en pratique cet amour. Par le travail dur
et régulier, nous pouvons fournir un niveau de vie convenable pour les
pauvres et ceux qui n'ont pas de foyer ; nous pouvons leur fournir de
la nourriture trois fois par jour. Nous pouvons faire cela sans rien
posséder nous-même. Par ce service des gens qui auraient dû mendier
de porte à porte ou mourir dans la misère et la faim, peuvent vivre
convenablement. Cela est fait uniquement par amour par tous ceux qui
vivent en communauté ; purement pour Christ et pour les pauvres. C'est
une question d'amour et d'amitié et de fraternité (Galate 6.10) ; tout
d'abord amour et amitié envers nos frères dans la foi. Ce n'est que
dans le dévouement joyeux que cette oeuvre peut être réalisée.
Dans une telle vie, il n'y a aucune pensée de revenu ni de profit (Deutéronome
23.19, 20) ; encore moins d'intérêt ou d'usure. C'est hors de question.
Dans la Nouvelle Alliance, l'appartenance, l'intérêt-propre et l'avarice
sont considérés comme injustice et malice. Mais la volonté-propre obstinée
empêche les hommes de reconnaître leur culpabilité par rapport à ces
péchés, comme c'est le cas avec l'orgueil. L'avarice est tellement évidente
que n'importe qui pourrait la détecter ; c'est elle qui rend un homme
riche et l'autre pauvre. Un homme pourrait l'aider l'autre mais il ne
le fait pas. C'est ça l'avarice. Mais il y a une autre forme d'égoïsme
par rapport à l'argent qui se trouve être toute aussi avare : les riches
prêtent avec intérêt de l'argent à leurs pauvres frères dans la foi
afin de devenir un peu plus riches. Qu'en est-il de l'amour et de la
fraternité ? Et la conscience ? Comment quelqu'un pourrait-il les reconnaître
comme étant des chrétiens ? Car en effet, le signe du disciple c'est
bien l'amour.
*** Mot allemand, sans équivalent en français,
qui veut dire « délaissement » ou « l'abandon de soi ».